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    DE L’UTILITÉ (OU PAS) DU DDR AU MALI

     

    Le gouvernement du Mali a organisé le jeudi 8 décembre une table ronde des bailleurs de fonds pour le programme Démobilisation, désarmement réintégration et réinsertion des ex combattants (DDR).

     

    De tels programmes ont déjà été développés en Afrique où ils ont obtenu un franc succès en Côte d’Ivoire, et un succès plus mitigé au Congo RDC.

     

    Au Mali, ce programme DDR, est prévu par le chapitre 8 de l'Accord pour la paix et la réconciliation (texte disponible dans notre rubrique "Accord de paix") ; il a pour objectif d’aider à la réinsertion socio-économiques des ex-combattants et à réduire le nombre d'armes en circulation dans le pays. Ce processus de cantonnement, désarmement et démobilisation, répartit sur 8 sites pouvant accueillir 750 combattants chacun, devrait durer 3 mois, et le coût de cette réinsertion est estimé à 50 millions de dollars. Mais si initialement le programme concernait quelques 6000 hommes, aujourd'hui il s'avère que ce sont 10 à 12 000 combattants qui réclament leur "part du gâteau". Ainsi 50 millions de dollars ne seront guère suffisants pour que le DDR soit efficace. En outre, quand bien même tous les partenaires techniques et financiers s’accorderaient à financer ce programme, on peut s’interroger sur son utilité tandis que plusieurs groupuscules terroristes continuent de sévir ça et là, et alors qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’un attentat ne soit revendiqué par Al Mourabitoun, le Front de Libération du Macina, Ansar Dine et autres groupes terroristes qui se créent et se défont au gré de l’actualité.

     

    Même si le gouvernement malien s’est une nouvelle fois engagé à mettre en œuvre l'Accord dans tous ses aspects, l’histoire nous enseigne que, par le passé, certaines tribus touarègues n’ont jamais déposé les armes ni cessé le combat, et encore moins respecté les termes des accords de paix qu’elles avaient pourtant signés (1963 – 1990 – 2006). Par ailleurs, comment espérer une paix durable tandis qu'en France, par exemple, si les autorités s’engagent à tout mettre en œuvre pour que ce programma puisse aboutir, de son côté la presse continue d’offrir une tribune aux rebelles qui appellent à la poursuite des combats pour obtenir l’indépendance du nord du pays (cf. Journal le Monde du 25.11.2016 – Moussa Ag Assarid), et ce, malgré la résolution n° 14/AN-RM adoptée le 20 mai 2014, dans laquelle le Parlement malien priait instamment « les pays amis à suspendre toute assistance médiatique, consulaire et diplomatique au MNLA ».

     

    Enfin, si l’on est aujourd’hui en mesure de récolter 50 millions d’euros pour désarmer, on peut se demander pourquoi une telle somme n’était-elle pas disponible plus tôt, pour aider au développement de l’économie malienne, à la scolarité, la santé, les TIC, etc. ou même tout simplement pour créer une armée malienne digne de ce nom, renforcer ses effectifs, les doter d'équipements modernes, leur donner une instruction, ce qui aurait probablement permis d’éviter qu’un tel chaos ne se produise ?

     

     


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