• 14/04/2016RÉPONSE A L'ARTICLE DE FRANCOIS RIHOUAY ET PAULINE BAX

     

    « Al-Qaeda Plots Attacks From Haven North of Mali's Timbuktu”

    (publié le 13 avril 2016 : http://www.bloomberg.com/news/articles/2016-04-12)

     

    EXTRAIT

     

    « The French military success against the militants in West Africa has brought unwelcome results. France’s presence in former colonies from Mali to Burkina Faso to Ivory Coast is now being used by al-Qaeda as a rallying cry to justify its high-profile attacks on West African citiese

    *

    "Le succès militaire français contre les militants en Afrique de l'Ouest a donné des résultats indésirables. La présence de la France dans les anciennes colonies du Mali du Burkina Faso et de la Côte-d'Ivoire est maintenant utilisée par Al-Qaïda comme un prétexte pour justifier ses attaques de grande envergure sur les villes d'Afrique de l'Ouest. »

     

    MA REPONSE

     

    A mon avis, le problème est pris à l’envers. Ça n’est pas parce que l’armée française est arrivée sur le sol malien que les djihadistes se sont déployés, mais plutôt l’inverse. La France ne serait pas intervenue sur le sol malien si la brutalité de ces hommes, coupeurs de mains, violeurs, et destructeurs de mausolées, ne s’était pas manifestée. La France est intervenue à la demande expresse du Président intérimaire ; le Mali est un pays souverain ! Il n’existait en outre (en 2013) aucun accord de défense liant la France et le Mali, mais juste un accord de coopération depuis 1985, autorisant seulement des militaires français à venir instruire les soldats maliens, et non à s’installer sur son sol.

     

    Par ailleurs, les résultats de l’intervention militaire ne sont pas aussi « indésirables »  que l'article voudrait faire croire aux lecteurs, ni aussi néfastes. Il y a tout de même eu des retombées positives qui, à mon sens, méritent d’être citées, à savoir : des milliers de personnes ont été épargnées contre la barbarie avant qu’elle ne gagne le sud du pays ; le Mali est sorti de l’ombre et on s’intéresse enfin à son septentrion, cette zone de non-droit où s'effectuent des trafics en tout genre, et où les djihadistes de tout bord s'entraînent militairement en toute impunité ; le Mali ne sera plus seul à lutter contre ce fléau. Par ailleurs, la tragédie du Mali aura permis de resserrer des liens entre les pays limitrophes, et à relancer leur coopération en termes de défense et de sécurité, enfin des millions d’euros ont été décaissés depuis 2012 pour accélérer le développement économique des régions du Nord, etc. Je rappelle également que la France n’est pas le seul Etat à être intervenu dans la zone, et à occuper le terrain, mais également les Allemands, Suédois, Canadiens, Américains, Russes, ainsi que les armées des Etats voisins, du G5 Sahel, de l’UEMOA, de l’AFRICOM, etc.

     

    Quant au fait que l’intervention française aurait déclenché sinon facilité le ralliement des rebelles et djihadistes, c’est méconnaître l’histoire de la région. Les djihadistes n’ont pas attendu l’intervention française pour pactiser. Je rappelle en effet que :

     

    1° ce ralliement des djihadistes est un plan qui existe déjà depuis la fin des années 1990, lorsque les premiers imams salafistes venus d’Afghanistan ont commencé à « distiller » leurs sermons anti- occident à Kidal et alentours.

     

    2° des années auparavant, et notamment depuis sa tournée africaine en 2003 qui l’a mené au Niger, au Burkina et au Mali, M. Kadhafi avait déjà énoncé sa volonté de rallier les hommes « blancs-bleus » du Nord (Arabes, Kountas, Maures, Touaregs) pour en faire un véritable front tourné non seulement contre l’Occident,mais aussi contre l’Afrique Noire. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il a créé l’Association des tribus du grand Sahara en 2006 ! Cette association devait devenir  un moyen de pression entre ses mains qui lui aurait permis de tout contrôler dans les zones sahélienne et saharienne. Il n’y a eu à cette époque, me semble-t-il, que l’Algérie de Bouteflika pour opposer de la résistance aux visées expansionnistes du guide (cf. l’affaire des ambassades au Mali). 

     

    *

     

    On ne sait pas comment le vent peut tourner, et il se pourrait d’ailleurs que les inimitiés entre les différents groupuscules djihadistes, et les problèmes de leadership entre les hommes finissent par briser leur pseudo coalition. L’Histoire de l’humanité nous a déjà montré que tous les mouvements de masse, aussi importants furent-ils, ont fini par voler en éclat ! Quoi qu’il en soit, je pense que nous n’avons pas encore assez de recul pour pouvoir analyser la situation.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :